Archive pour la catégorie ‘Accueil & Service’

Restauration rapide ne doit pas rimer avec service bâclé

Jeudi 22 décembre 2011

Lorsque la fréquentation est élevée il est difficile de faire comprendre qu’il est nécessaire d’améliorer la qualité de l’accueil et du service, mais lorsqu’elle chute le sujet devient un enjeu vital. Et ce n’est pas réservé à telle ou telle catégorie, mais concerne bien tous les commerces, et la restauration rapide ne doit pas rester en plan. Dans ce secteur l’échange entre le personnel de service (qui se fait au comptoir dans la majorité des établissements) et le client est succinct et très bref. C’est en soi l’unique raison d’être parfait parce que, contrairement à la restauration avec service à table, il n’y a pas d’autres occasions de se rattraper car l’échange se déroule en une séquence décomposée en différents moments.

La suite est à lire dans la newsletter N° 11 de snacking.fr

L’accueil service désormais en double dimension, réelle et virtuelle

Dimanche 27 novembre 2011

Par Béatrice Dogor Di Nuzzo, Docteur en Sciences de Gestion (Université de Sophia Antipolis), professeur de marketing hôtelier, auteur de « L’accueil : un métier » et « Le management de la motivation » et Thierry Poupard


Jusqu’au siècle dernier, lorsque l’on parlait d’accueil et de service on pensait immédiatement à la manière dont on avait été reçu lors de la dernière visite à la poste, dans un magasin de prêt-à-porter, chez le boucher, au restaurant… Le personnel « de service » est-il venu vous accueillir à la porte, vous a-t-il salué, vous a-t-il proposé de l’aide, a-t-il fait une suggestion pour un produit, a-t-il été de bon conseil, avait-t-il une tenue impeccable, était-il souriant, aimable et efficace, était-il attentif à votre demande, a-t-il écouté vos remarques, vous a-t-il remercié et raccompagné avec une formule d’au-revoir qui donne envie de revenir ?

La liste de ces instants d’échanges de visu entre un client et le personnel de l’entreprise n’a pas diminuée mais, en ce temps là, s’en était fini de la relation client une fois que celui-ci était en dehors de l’espace de vente. A l’exception de rares entreprises qui prolongeaient le contact via des mailings postaux très coûteux et impersonnels.

Aujourd’hui la mode est au E commerce. Chacun dans son petit coin, fait son achat depuis son ordinateur ou son téléphone portable. Et avec la géolocalisation il est possible de voir les commerces à proximité et d’en choisir un. Dans ce contexte est-il envisageable, en tant que client, de recevoir un service de qualité ? Entendons-nous d’abord sur une définition commune de « qualité de service ». Que cherche t-on lors de l’achat d’un produit ou d’un service ? La satisfaction d’un besoin, d’une attente, d’un désir.

La spécificité du service réside dans le fait qu’il n’y aura pas de transfert de bien. Personne ne peut s’approprier le service. On ne peut pas l’emporter chez soi et il ne peut être stocké. Ce dernier point restera toujours un problème important pour les entreprises qui proposent des services, dans la mesure où elles ne pourront pas conserver le service et le vendre le lendemain ou le jour d’après. Si l’accueil et le service sont instantanés, leur effet est durable.

Le service est un échange, une relation humaine. Qu’il s’agisse de séances de massage, de toilettage pour animaux, de places d’avion, de tables de restaurant ou encore de chambres d’hôtel, c’est la relation qui s’établie entre la personne qui le donne et celle qui le reçoit qui reste essentielle pour la réussite de la vente et pour le souvenir qu’elle laissera. La qualité de service, pour être excellente, doit être gérée comme un concert symphonique afin que le client atteigne ce niveau supérieur de satisfaction qui entrainera sa fidélisation.

On peut alors se demander si une hotline avec des « call centers » installés à l’étranger a la capacité de créer cette satisfaction client. Lorsque celui-ci appelle pour un problème peut-il se satisfaire de la phrase mécanique énoncée par un employé stressé, dictée par un téléprompteur ?

Non le web 2.0 ce n’est pas ça, c’est bien davantage et ça peut et doit engendrer des relations positives entre le client et l’entreprise. Le paradoxe est que même en l’absence de contact physique, la relation humaine peut et doit s’engager. Et la qualité de service et la relation client ne s’arrêtent jamais grâce aux blogs, aux avis, aux réseaux sociaux ? Eh oui, que l’on apprécie ou pas cette forme de communication du XXIè siècle, elle est le nouveau véhicule de la relation client et, par conséquent, chaque entreprise, chaque commerce a intérêt à s’y plonger, car il s’agit de l’internet du partage et du dialogue qui a remplacé celui de l’information et du monologue. Il est désormais possible d’entretenir une relation avec ses clients en amont et en aval de l’acte de vente, d’assurer un service aussi bien avant-vente qu’après-vente.

C’est d’autant plus nécessaire que la problématique n’est plus de servir un client et de lui vendre un produit. A moins d’avoir un accueil exécrable ou des produits minables, c’est l’enfance de l’art. Non, il faut désormais faire face à la fois au développement et de la fragmentation de la concurrence qui provoque une dispersion de la fréquentation des clients et, son corolaire, une réduction de la part de marché en visites pour chaque entreprise présente dans la plupart des secteurs d’activités.

Alors il est devenu vital de contacter, d’informer, d’intéresser le client par des messages propre à lui donner envie de revenir, d’acheter à nouveau ou, tout au moins, de rester présent à son esprit et dans sa « shopping list » pour le moment venu. Or, rien n’est plus facile que de communiquer sur une nouveauté, un changement, un événement, ou de mettre en avant une offre promotionnelle, de diffuser un contenu qui est, encore une fois, susceptible d’intéresser le client et le non client car, sur Internet, tout le monde voit tout. Tant mieux ! Ca donne de la visibilité à l’entreprise ou à l’établissement.

Dès lors, la vigilance s’impose. Il faut se préoccuper de ce que les internautes disent de la marque, du produit, du magasin, du personnel, du service et leur répondre. Il devient impossible d’ignorer un avis négatif et de le laisser se répandre sur la toile sans y répondre. Il est évident qu’une bonne réponse à un avis négatif apporte d’une part de la satisfaction à son auteur et, d’autre part crée un effet positif sur l’ensemble des lecteurs : « ah, très bien, voilà une entreprise qui a de la considération pour ses clients. Elle tient compte de leurs avis et prend le temps d’y répondre. » C’est ce que l’on nomme la e-réputation ou l’image de la marque telle qu’elle est véhiculée sur internet. Le bouche à oreille digital en quelque sorte. Il faut l’entretenir et couper court à tout ce qui peut créer du bad buzz pouvant s’amplifier très vite sur les médias sociaux.

Quelle entreprise, quelle marque d’automobile, quelle chaîne de magasin, quel hôtel ou restaurant digne de ce nom n’a pas, aujourd’hui, une page Facebook ou un compte Twitter ? Voilà deux vecteurs de communication extrêmement puissant, deux outils pour dialoguer avec les clients et les futurs clients, deux moyens d’informer, d’intéresser et de séduire le consommateur. Encore faut-il que celui-ci sache que l’entreprise y est présente.

Aux Etats Unis, les commerces de proximité et les chaînes de magasins ne mettent plus en avant leur site internet (sauf lorsqu’il s’agit de sites marchands, mais leur page Facebook) « rejoignez-nous sur Facebook et aimez notre page ! » Pour davantage d’efficacité, on voit souvent des offres réservées aux internautes inscrits sur cette page, des offres destinées à les remercier d’être fan. Un bon moyen de les faire venir au point de vente ou d’acheter alors qu’ils n’en avaient pas vraiment l’intention.

Enfin, de plus en plus d’entreprises comme Orange ou la SNCF utilisent Twitter en tant qu’outil de leur service de la relation client en diffusant des informations relatives au trafic par exemple et, surtout, en répondant aux internautes qui posent une question ou soulèvent un problème.

En fait, le grand ensemble qui a été décrit précédemment relève de la communication entre une entreprise, quelle que soit sa taille et quel que soit son secteur d’activité (ce n’est qu’une différence de volume et de moyens) et ses clients. Et à l’échange entre deux personnes physiques, s’est ajouté l’internet 2.0 qui permet de garder le contact avec les consommateurs en temps réel et en toutes circonstances. C’est le meilleur outil, à la portée de tous, pour recruter de nouveaux clients et fidéliser ceux qui sont déjà clients.


Groupon, impressions et mode d’emploi (2ème partie)

Jeudi 22 septembre 2011

Par Thierry Poupard

Suite de l’article consécutif à ma visite, mercredi 21 septembre 2011, au siège de Groupon France. La première partie a été publiée le jour même et comporte les chapitres suivants :


- La mauvaise E-réputation de Groupon
- Un leader mondial ne peut pas avoir que tort
- Avant de se lancer, établir un diagnostic

Bien entendu, elle est en ligne ici : Groupon, mode d’emploi (1ère partie). Voici la suite, plus orientée sur le « mode d’emploi » et qui se termine par une recommandation. Hum, Groupon or not Groupon ?


Fixer sérieusement un objectif

Imaginons que le diagnostic ait été bien fait et avec objectivité, que le restaurateur dispose de tous ses paramètres d’activité et qu’il poursuive dans son idée de recevoir ou d’appeler le commercial de Groupon. Il n’est alors pas envisageable de se faire dicter le deal par celui-ci : le compte d’exploitation doit être à jour, exact et sous les yeux au moment de l’entretien afin de déterminer, pour le deal et le nombre de coupons, un objectif chiffré, réaliste et raisonnable en nombre de clients additionnels souhaité et en termes de répartition en jours de semaine et en semaines.

L’opération dure en général six mois, même si son effet s’affaiblit au fil du temps. Il faut bien apprécier les implications de l’opération sur l’activité : les charges variables, le coût matière, la qualité et la rapidité de service, les réservations, etc. Si un élément n’est pas évalué ou s’il n’est pas estimé de manière réaliste ou encore si un autre a des incidences non maîtrisables, il faut stopper le projet.


Faire une simulation toute aussi rigoureuse

Au vue de ces éléments, Groupon est alors capable de réaliser une simulation en nombre de coupons nécessaires pour atteindre l’objectif sur la période. Je partage avec eux la culture américaine qui consiste, lorsqu’une salle est à moitié vide de manière récurrente, à se poser la question : « comment vais-je trouver de nouveaux clients ou en faire revenir plus souvent ? » alors qu’en France, la question est : « quelles coûts vais-je bien pouvoir réduire ? » (Culture d’augmentation des ventes v.s. culture de réduction des charges). Mais je ne suis plus d’accord quand ils raisonnent uniquement à la marge, en clients supplémentaires, en clients qui viendraient s’ajouter au flux des clients « normaux ».


Parce que, dans la réalité, les clients Groupon ne viennent pas une fois que la salle est à moitié remplie, mais en continu, comme si, en hôtellerie, on considérait que les clients Groupon n’appelleraient pour réserver une chambre qu’à partir de 20h. Il est, de mon point de vue, arbitraire de n’affecter le poids des charges fixes qu’aux clients qui payent le prix normal. C’est ce que montre le graphique dans mon article du mois dernier intitulé The Groupon Paradox. Le restaurateur doit fixer son offre en faisant bien attention aux produits concernés, surtout s’il s’agit de menus, il défalque la commission reversée à Groupon, puis estime la valeur des ventes additionnelles (boissons). C’est un exercice délicat et complexe que les restaurateurs qui n’ont pas l’esprit de manager sont peu à même de réaliser. Il n’existe pas d’analyse idéale mais la mienne a la vertu de la prudence en minorant les gains (puisque j’estime qu’il faut également leur répercuter les charges fixes) ce qui ne peut que révéler une bonne surprise en fin d’opération.


Essayer de mesurer

Je dis « essayer » parce que c’est un exercice ardu. Groupon ne dispose pas de modèle pour la restauration, mais de cas qui m’ont été présentés. Empiriquement, un grand nombre de cas pourrait déboucher sur un modèle, mais la restauration est trop fragmentée et le compte d’exploitation de chaque établissement (il y en a environ 200 000 !) est unique. Par ailleurs, elle ne dispose d’aucun outil permettant de mesurer le nombre de nouveaux clients venus grâce à l’opération Groupon qui reviennent dans la quinzaine, le mois, les trois ou les six mois suivants. Le CRM est inexistant dans ce secteur. A titre personnel, je maintiens que la motivation première d’une visite via Groupon est le prix, bien au-delà de la curiosité. Or, Groupon étant par essence même un site de bonnes affaires, le client ne s’y trouve que parce qu’il souhaite en trouver. Faute d’étude, nous devons nous contenter, ou pas, d’enquêtes sur du déclaratif, des intentions de revenir qui ne sont que velléitaires tant qu’elles ne sont pas concrétisées.


Conclusion : go or no-go ?

Alors, faut-il y aller ? Si mon argumentation a été claire, je pense que les avantages de Groupon pour un commerçant sont :
• Gain de notoriété (visibilité auprès des milliers d’abonnés à la newsletter), mais impossible à mesurer
• CA additionnel, surtout s’il y a beaucoup de ventes de produits complémentaires
• Possibilité de vendre de grosses quantités de produits (ou de prestations)
• Pas d’augmentation des charges fixes
• Potentiel à dynamiser l’activité si elle est déjà soutenue


Les inconvénients sont :
• Risque financier important si l’opération génère une augmentation des charges variables
• Possibilité d’altérer la qualité du service
• Risque pour l’image, les clients payant le prix normal peuvent se sentir léser, mais impossible à estimer et encore moins à mesurer
• Coût d’acquisition élevé d’un nouveau client (facile à calculer) avec très peu de chances de le fidéliser (impossible à mesurer comme expliqué plus haut)
• Un engagement contractuel d’exclusivité de 2 ans (CGV) même pour une seule opération de six mois.


Alors, vous l’aurez compris, une opération Groupon est intéressante pour une salle de fitness où un grand nombre d’appareils sont au repos ou un salon de beauté où trop d’esthéticiennes attendent le client, pour déstocker des vêtements avant l’arrivée d’une nouvelle collection ou des ordinateurs dépassés, bref partout quand les salaires et charges sont payés et que le personnel est oisif faute de clients ou bien lorsque les amortissements sont en cours pour des équipements sous utilisés. En ce qui concerne la restauration, d’une part la marge opérationnelle n’ayant aucune commune mesure avec le prêt-à-porter ou d’autres secteurs et d’autre part chaque client nouveau induit bien évidemment une augmentation des charges variables, celles des produits consommés. Il est par conséquent vital de réaliser diagnostic, analyse et simulation de la façon la plus rigoureuse pour éviter toute déconvenue.


Comme c’est rarement le cas, c’est pour cette raison que, en dehors de cas très particuliers, je ne recommande pas Groupon aux restaurateurs. En ce qui concerne l’hôtellerie, une telle opération a plus de chance d’être maîtriser du fait que les réservations, qui sont au cœur de l’activité de ce secteur, permettent de réguler les clients Groupon en jouant le fait d’être complet ou pas lorsqu’ils téléphonent.


Faites part de vos expériences, commentez cet article dans l’espace ci-dessous ou encore diffusez-en le lien autour de vous. Toutes les réactions sont les bienvenues et certainement utiles en dehors de celles qui seraient impolies, mensongères ou diffamatoires et qui seront refusées.


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Avis de clients ou avis d’experts, auxquels doit-on se fier ?

Lundi 29 août 2011

Guides touristiques ou Internet, quelles sont leurs forces et leurs faiblesses ?


Par Thierry Poupard et Thomas Yung (http://www.artisan-referenceur.fr)

Il y a bien longtemps, pour choisir un hôtel ou un restaurant, le consommateur devait consulter un guide spécialisé (Michelin, Hachette, Routard, Petit futé, etc.), demander à son entourage si une personne connaissait tel ou tel lieu puis chercher ses coordonnées dans les Pages Jaunes ou sur le Minitel…

Aujourd’hui, tout a changé, ou presque : les guides papier restent immuables et le Minitel compte encore 2 millions d’utilisateurs (eh oui !) mais l’internet 2.0 a été une révolution. Fini le temps où certains établissements ne se privaient pas d’enjoliver les descriptions de leurs produits ou prestations, car, même si beaucoup le font encore sur leurs sites internet, le consommateur n’est plus dupe. Il ne se contente plus de recevoir une information, il aime lire et échanger des avis sur les blogs mais, surtout, sur la quasi-totalité des sites de réservation en ligne ou de comparaison de tarifs et, bien entendu, sur les médias sociaux.

Et l’internaute se fie à ces avis, toutes les études le prouvent, partout dans le monde, comme celle de la société Marketing Sherpa (1) qui révèle que 87% des consommateurs se fient plus à la recommandation d’un ami qu’à l’avis d’un critique spécialisé. Pourquoi ? Parce qu’un ami bien réel, un ami sur Facebook ou un autre internaute est juste un consommateur « comme lui », avec des motivations et une sensibilité similaires. Il se méfie des « experts » des guides pour lesquels critiquer un hôtel ou un restaurant est un métier, qui sont payés pour donner des notes selon des critères préétablis et, par conséquent, dont le jugement n’est pas celui d’un consommateur « normal ».
Néanmoins, ces professionnels des guides utilisent une série de procédures, de référentiels, de tables de notation, de champs d’exploration éprouvés depuis de nombreuses années. Un inspecteur sérieux ne va pas s’arrêter à un détail mais ira plus loin et demandera même à visiter l’établissement. On peut donc s’attendre à ce que son jugement soit basé sur un large éventail d’éléments factuels et non sur une émotion. L’expérience du professionnel jouera aussi, il ne se défoulera pas si un problème survient mais jugera plutôt la capacité de réaction de l’établissement, alors que l’internaute peut avoir envie de se « venger ». Il n’y pas d’effet règlement de compte avec les guides papiers. Les personnes chargées de prospecter, de vérifier les informations, de noter sont généralement attachés à une région. Lorsque le lecteur ouvre son guide à la page « Toulouse », il a la garantie que la même personne a effectué les visites dans le périmètre de cette ville et que, par conséquent, le référentiel est identique pour tous les établissements, ce qui est une façon relativement objective de noter et facilite la choix pour le lecteur.

Évidemment l’inspecteur peut être connu (ou reconnu) par le propriétaire de l’établissement et la prestation qui lui sera délivrée pourra être influencée par le statut de ce client à part. Par ailleurs, certains guides commercialisent de l’espace publicitaire dans leurs pages, ce qui pose la question de leur impartialité envers les établissements qui y sont annonceurs. On peut également remettre en cause l’objectivité des étoiles, toques, macarons et autres notes et commentaires attribués par ces experts. Les cas de restaurants de très grande qualité systématiquement boudés par les guides sont légion. Et puis, le dit expert est-il d’une éthique irréprochable comme un Charles Duchemin ou bien ne se laisse-t-il pas flatter par des Jacques Tricatel ? (L’Aile ou la cuisse – Claude Zidi – 1976, vous aurez reconnu).

Tout comme les guides papiers, les plateformes d’avis ne vivent pas d’amour et d’eau fraîche et leur modèle économique peut remettre en question leur indépendance vis à vis des établissements. De plus, la fiabilité, la sincérité de ces avis peut être remise en question tant il est simple de les écrire.

Justement, les avis des internautes sont-ils vraiment fiables ? Vaste sujet. Bien sûr, on parle beaucoup de ces sociétés véreuses qui proposent de poster des avis positifs moyennant rétribution, remise ou gratuité (2) ou de ces 30 hôtels de Grande Bretagne qui se sont fait prendre la main dans le sac en tentant de soudoyer leurs clients (3), etc. En réalité, des cas isolés ou marginaux. Dans les faits, les grands acteurs de l’internet ont développé des techniques, des outils et des moyens pour palier à la diffusion de faux avis parce que leur crédibilité repose sur la qualité, la transparence et l’authenticité de ce qui est publié sur leurs sites. Exemples : Tripadvisor alerte fermement dans ses conditions d’utilisation (« Les établissements qui publient des avis fictifs s’exposent à des sanctions »), sur Cityvox 6% des avis sont refusés par le modérateur et sur LaFourchette seuls les internautes ayant réservé et honoré leur réservation peuvent déposer un avis sur le site après réception d’un e-mail, c’est la garantie qu’il est bien authentique. Ces plateformes réagissent et font force de montrer qu’elles luttent contre les faux avis. TripAdvisor, notamment, sanctionne les hôteliers pris la main dans le sac à rédiger des avis positifs à propos de leur établissement (4)

L’enjeu est avant tout l’évaluation. Que ce soit par dans guide papier avec inspecteurs professionnels ou sur une plateforme d’avis voyageurs, il s’agit de recommander ou non un établissement. Il y a donc jugement, appréciation, évaluation et cela repose sur la perception de l’auteur et donc sur des valeurs qui lui sont propres. La vérité n’est ni sur internet ni dans les guides papiers qui apportent simplement des éléments permettant au lecteur d’affiner son choix. Autant un guide ne va donner que des informations très condensées autant une plateforme d’avis d’internautes n’a plus de limite et est beaucoup plus riche : description, 10, 100, 1 000 avis, liens vers des médias et des vidéos, etc. Chaque internaute écrivant un avis peut l’accompagner de photos témoignages, de vidéos, appuyant par là même son avis, la photo est une preuve dans l’inconscient collectif !

En fait la principale faiblesse des avis de voyageurs en ligne est la variabilité de la perception du produit/service. Ce qu’un internaute trouve propre peut être jugé immonde par un autre. Néanmoins, ce décalage de perception est noyé, contre balancé, par le volume important d’avis. Les avis sont généralement segmentés, par âge, nationalité, motif (utilisation pro ou loisir), famille (avec ou sans enfants), cela permet à l’internaute de ne se fier qu’aux avis correspondants à sa situation. Le volume des avis donnés pour un établissement fera qu’une multitude de niveaux de langage sera utilisé pour le décrire : soutenu, familier, argot, patois, etc. ce qui permet de comprendre et de se faire une idée. De plus, les avis publiés il y a quelques années seront toujours présents sur internet, ce qui permet de voir une sorte d’historique de l’établissement et sa progression, chose impossible avec un guide papier.

Enfin, sur internet, l’exploitant peut répondre à un avis, donner son point de vue, expliquer les raisons d’une critique, ce qui est bénéfique mais également impossible sur les guides papier. Tous les établissements sont présents dans les avis sur internet, alors que seules les meilleures adresses sont sélectionnées dans les versions papiers des guides. Les avis sur internet sont donc plus « égaux » parce qu’exhaustifs de l’offre.

Les guides papiers vivent leur dernières heures, tout simplement parce que le support matériel tend à disparaître (pas demain mais à moyen terme). Il est progressivement remplacé par des applications pour terminaux interactifs mobiles et smartphones. C’est pourquoi des versions numériques de guides existent. Un des axes de développement possibles et probables serait la convergence des deux types de témoignages, l’avis d’un professionnel, et ceux de nombreux clients, le tout saupoudré de réponses de la direction de l’établissement. De quoi se faire une bonne opinion.

 

(1) http://www.marketingsherpa.com/index.html
(2) http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/t/67878/date/2011-07-19/article/comment-des-entreprises-francaises-fabriquent-et-vendent-de-faux-avis-sur-le-nete
(3) http://ehotelier.com/hospitality-news/item.php?id=D21288_0_11_0_M
(4) http://www.artisan-referenceur.fr/e-reputation-hotel-restaurant/58-tripadvisor-de-plus-en-plus-severe-avec-les-hoteliers-tricheurs.html
infographie : olimeo.com




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Service client Air France : le pire ou le meilleur ?

Mercredi 24 août 2011

Par Thierry Poupard

Le service client d’Air France est-il bon ou mauvais ? Voici un avis de client qui va relater une péripétie de voyage comme nous en avons tous à raconter en revenant de vacances.

Lundi 15 août ma femme et moi prenons le vol retour Skiathos (île grecque des Sporades) – Athènes, escale obligée pour rentrer à Paris. Dès le 10 juin, la compagnie Olympic Air m’avait alerté par e-mail que le vol OA069, initialement prévu à 16h45, était reprogrammé à 18h15. Hum, pour l’AF1933 de 19h50, ce sera juste, mais il n’y avait pas d’alternative, sinon, une nuit au Sofitel de l’aéroport d’Athènes ; non merci.

Le bimoteur décolle de Skiathos à 18h30, donc en retard et atterrit à Athènes 25 minutes plus tard à 18h55. Bus jusqu’au terminal, marche et attente au tapis roulant pour récupérer les bagages. Dans ces cas-là, comme toujours, ce n’est jamais votre valise qui sort la première… Les nôtres apparaissent à 19h15 alors que la fin de l’enregistrement pour Paris est à 19h20. Là, comme on dit, ça va pas l’faire.

Course effrénée pour monter à l’étage des départs, ruée du mauvais côté du terminal. Eh oui, on avait une chance sur deux étant donné que la signalétique est aussi claire qu’à Charles de Gaulle ou à Orly. « Ah non, Air France, c’est à l’opposé ». 19h20 : nouvelle course en sens inverse vers ce comptoir où nous arrivons hors d’haleine (20 et 22kg les valises, elles ont beau avoir des roulettes…) L’écran d’affichage du vol est éteint, tout est calme, dans la pénombre, deux hôtesses en uniforme Air France rangent les affaires. Je vous fais grâce du dialogue un peu vindicatif. 19h25 : l’une des hôtesses appelle un collègue dans un walkie-talkie. La réponse nasillarde sort de l’appareil : « Négatif ! » Nous : « Oh, please, Mesdames, vol Olympic retardé, attente des bagages et puis nous sommes enregistrés – on line – sur ce vol depuis hier, et… » N.B. Etre enregistré fait que vous n’êtes pas un passager anonyme ; mieux vaut le savoir et avec un smartphone c’est facile de partout.

19h30 : alors celle qui devait être chef décide d’imprimer et de nous remettre nos cartes d’embarquement, d’éditer nos étiquettes et de les fixer sur nos bagages tout en nous disant de courir les déposer au centre du terminal à l’endroit dédié aux bagages de dernière minute, ajoutant : « il y a peu de chance qu’ils puissent prendre ce vol ; vous verrez bien à Paris. » L’autre hôtesse saute du comptoir et nous accompagne pour nous montrer le tapis roulant où se trouve un préposé, the last minute man aux pieds duquel nous jetons nos valises car l’hôtesse – qui a dû naître à Olympie – nous fait encore courir et courir (mais libéré des bagages) jusqu’à la sécurité. Jamais passé aussi vite sous un portique. 19h35 : l’hôtesse nous quitte, haletante, nous passons le contrôle à la porte d’embarquement et sautons dans le bus où se trouvaient une poignée de retardataires, vous savez, ceux qui trainent au duty free et que l’on appelle à plusieurs reprises dans les hauts parleurs.

Quelques circonvolutions sur le tarmac et le bus nous dépose au pied de l’avion à 19h40. Là, avant de monter sur la passerelle, j’aperçois deux employés sauter d’une petite camionnette et balancer nos deux valises sur un monte-charge, les dernières en soute sitôt refermée. Et moi, le dernier passager dans la cabine qui voit la porte claquer dans son dos. 19h50 : allumage des moteurs. On time. Ouffffff !!!!!!….

La scène et les temps indiqués sont bien réels, un transit de 55 minutes de la sortie d’un avion à l’entrée dans l’autre. Merci Air France ! Parce que finalement, ce n’est pas cette compagnie qui est responsable du décalage ou du retard de l’autre. Ensuite, pas de time sharing ou de booking partagé, donc impossible pour Air France de savoir d’où nous venions et de nous attendre. Enfin, et surtout, ces deux hôtesses en uniforme Air France avaient le choix de ne faire aucun effort (elles en auraient été quitte pour une bonne altercation avec les clients, comme ça se passe souvent, mais sans conséquence), mais elles ont préféré rendre service à ces voyageurs, un service d’autant plus louable qu’elles ne les reverront jamais. Une superbe Service Attitude. Bravo et merci à elles et aux anonymes des bagages de l’aéroport d’Athènes !

Service Attitude chapitre 1 téléchargeable gratuitement

Jeudi 30 juin 2011

Le chapitre premier de Service Attitude est en ligne au format pdf. Il est téléchargeable gratuitement, simplement pour partager ma passion de l’accueil et du service dans la restauration, l’hôtellerie et toute autre forme de commerce.

Si cette lecture vous a plu, n’hésitez pas à en faire part autour de vous (sur Facebook, Twitter et autres sites de partages) et à commander le livre sur amazon.com ou autre librairie en ligne.

Cordialement,
Thierry

PS. A lire, ce commentaire d’un lecteur

Etude satisfaction clients du point de vente, questionnaire gratuit !

Vendredi 8 octobre 2010

Qui sont nos clients, quel profil ont-ils, à quelle fréquence viennent-ils, où résident-ils, pourquoi sont-ils venus, chez quels concurrents vont-ils ? Autant de questions sur le comportement de la clientèle auxquelles il faut pouvoir répondre. Et elles doivent être complétées par une série d’autres portant sur la satisfaction des clients. Quel est leur degré d’appréciation de l’accueil, du décor, des produits, de la qualité, des prix, etc ? Les commerçants, en général et les restaurateurs, en particulier ne connaissent que les fidèles ou les habitués. Pour espérer augmenter l’activité, mieux vaut savoir et mesurer. J’avais abordé le sujet en avril 2008 dans ma chronique sur neorestauration.com. Ce que je vous propose aujourd’hui c’est une étude type ou standard, applicable à la quasi-totalité des restaurants indépendants. Elle est au format pdf et téléchargeable GRATUITEMENT ici étude satisfaction clients et à diffuser sans modération. Naturellement, le questionnaire doit être adapté aux spécificités de chaque établissement et en fonction des informations que l’on souhaite obtenir. Par ailleurs, elle est applicable aux chaînes par l’ajout d’une distinction entre l’endroit où a lieu l’enquête et les autres établissements de l’enseigne. Enfin, il s’agit d’un questionnaire auto-administré, c’est à dire rempli par le client lui-même, à sa convenance. Ce qui nécessite de respecter une méthodologie rigoureuse dans la mise en place de l’étude pour qu’elle soit fiable en termes de représentativité de la clientèle et garantisse une excellente qualité des résultats. On ne distribue pas le questionnaire qu’aux habitués ou à ceux qui ont une « bonne tête », ou un jour sur deux… Une telle étude est une richesse pour les deux raisons suivantes : mesurer avec précision la satisfaction de ses clients pour l’améliorer sans cesse car c’est la source de l’augmentation de leur fréquence de visite, et bien connaître ses clients, ce qui permet de partir à la conquête de nouveaux avec succès. Améliorer le service client, un beau programme en perspective !

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« Un accueil – service à la hauteur de vos attentes »

Vendredi 9 juillet 2010

Par Thierry Poupard

Toujours en quête de savoir quel message, quel élément ou quel stratagème les restaurants mettent en place pour m’inciter à pousser la porte d’entrée, une affichette a attiré mon attention à l’entrée d’un Hippopotamus. Non pas par son côté « flashy », au contraire elle est de petite taille et sobre, tranchant avec la profusion de grands kakemonos sensés annoncer des prix bas grâce à la baisse de la TVA avec ce message « Garçon, la soustraction s’il vous plait ! » (Ce doit être de l’humour…)

La dite affichette a une en-tête « Ambitions 2010 », une seconde « Nos engagements », puis une bulle à l’intérieur de laquelle est écrit « nos valeurs ». Ouf, nous y voilà. Parmi trois valeurs annoncées, une a particulièrement retenu mon attention : Hippopotamus s’engage donc sur « un accueil – service à la hauteur de vos attentes ». Phrase pour le moins très elliptique parce que l’accueil est une question de personnalité, d’attitude, de posture et de comportement tandis que le service revêt de multiples facettes : temps, gestion des attentes, attention, disponibilité, efficacité, réponses, suggestions, courtoisie. Rassembler tout cela en une promesse unique semble ambitieux. Par ailleurs, je me demande comment l’enseigne peut s’engager à la hauteur des attentes de chacun de ses clients, parce qu’il y a à peu près autant d’attentes que de clients. Et si l’un d’entre eux a des attentes « à la hauteur » de la tour Burj Khalifa à Dubaï ?

Finalement, cette affichette ressemble plus à de la communication interne, à une piqûre de rappel pour le personnel, à un message devant être affiché dans les vestiaires qu’à une accroche destinée à séduire le client. Parce qu’une promesse n’en est vraiment une que si elle est forte, concrète, atteignable et, surtout, mesurable afin que tout un chacun puisse apprécier, sans ambiguïté, si elle a été tenue ou pas. Pour rappel, Darty a construit son image sur une promesse, « les prix les plus bas » et une preuve : « si vous trouvez moins cher ailleurs on vous rembourse la différence ». Fort, simple et clair ! Mais depuis longtemps, le service s’y est substitué car dans ce secteur tous les distributeurs s’alignent au niveau des prix.

Bien qu’imparfaite, cette communication d’Hippopotamus a la grande vertu de mettre l’accent sur le service qui est devenu le parent pauvre de la restauration tant les patrons, des plus petits établissements aux grands groupes, s’en sont détournés, préoccupés qu’ils étaient par la TVA, les prix et la fuite des clients. Pourvu qu’elle soit suivie des faits, c’est à dire que, effectivement, le client constate une amélioration de l’accueil et du service par rapport à avant. Reste à y aller pour vérifier.

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Place au client, à l’accueil et au service !

Mercredi 7 juillet 2010

Par Thierry Poupard

Le premier anniversaire de la baisse de la TVA dans la restauration n’aura pas été célébré en fanfare, c’est le moins que l’on puisse dire. La polémique s’est ravivée et les chiffres fluctuent selon les sources. La seule bonne nouvelle est que les media n’en n’ont pas fait un épisode à scandale ou une histoire sans fin ; seule la presse professionnel rabâche les mêmes non « news » depuis deux semaines semblant avoir oublié qu’à trop parler d’un sujet on ne fait que l’exacerber et que trop de justification génère de la suspicion.

Bien entendu, le pouvoir d’achat étant à la peine, le prix devient un facteur d’autant plus déterminant dans le choix du consommateur. Mais certainement pas l’unique et il ne doit en aucun cas servir d’alibi pour occulter la qualité, l’hygiène, l’ambiance, l’accueil et le service. Un repas n’est pas un produit manufacturé ou en solde pour lequel, effectivement, seul le prix entraîne la décision. Obsédé par les prix, la TVA et les charges, le restaurateur se détourne des fondamentaux de son métier : puisqu’on l’a convaincu que là était LE problème de la restauration, il fait des formules, des prix d’appel, des promos, des petits prix et toutes sortes d’offres inspirées de la grande distribution, le plus souvent aussi inappropriées les unes que les autres. En tous cas, très dévalorisantes pour son image, donc sa fréquentation.

Tout en gardant un œil attentif sur les prix, des restaurateurs, des enseignes et des chaînes s’occupent du VRAI problème, à savoir une moindre base de clientèle ou une baisse de la fréquence de visite des clients, ou les deux simultanément. Beaucoup entrent de plain pied dans les nouvelles technologies : site Internet, page « fan » sur Facebook, envoie de mails ou de sms. Très bon début ! Les plus sophistiqués ont fait développer une App sur iPhone dont certaines ont des fonctionnalités très avancées comme chez Exki (elle récompense à la fois la fidélité et la consommation soucieuse de l’environnement) ou Courtepaille (elle permet de simuler la commande et, bientôt, servira pour le paiement depuis son smartphone). La plus ancienne chaîne de restauration en France (50 ans l’an prochain) devient la plus moderne en termes de service clients via les outils de communication.

Dans le but de redynamiser le trafic en dehors d’outils technologiques, la modification des éléments d’attractivité d’un établissement demande un budget qui n’est pas à portée de main de la majorité des restaurateurs et des hôteliers indépendants et de taille moyenne. Les (bons) produits coûtent cher, le personnel encore plus avec les charges, quant au changement de décor et à la rénovation c’est un pari très lourd en termes de ROI. Reste l’accueil et le service. Et ça tombe bien parce que l’on n’a toujours rien trouvé de plus efficace – et de moins coûteux – pour fidéliser la clientèle et réaliser des ventes additionnelles par des suggestions bien faites. Meilleur est l’accueil-service, plus gros sera l’effet boule de neige : 1/satisfaction des clients, 2/augmentation de leur fréquence de visite, 3/bouche à oreille (réel et via les media sociaux) qui élargit la base de clientèle, 4/ plus de couverts – meilleur taux d’occupation et plus de revenu. ROI à très court terme garanti !

Comme le sens de l’accueil et du service n’est inné que chez quelques uns, pour tous les autres, seule la formation leur permet de l’acquérir. Il s’agit d’un investissement et non d’une dépense alors, à ce propos, il serait temps de cesser de poser la mauvaise question - « combien ça coûte ? » pour demandez plutôt – « combien ça va me rapporter ? »

P.S.
Améliorer l’accueil – service est un combat qui, à l’ère du low cost tout azimut, est, heureusement, mené par certains professionnels, adeptes et porte paroles qui savent savamment mixer l’indispensable attitude à adopter avec un marketing orienté client. Si vous êtes intéressé, faites un tour sur Sens du Client, le blog des professionnels du marketing client et sur le site Test ’n Trust, le premier comparateur de satisfaction client. Et si vous êtes sur Facebook, inscrivez-vous sur la page Service Attitude qui approche les 400 membres (dont je n’en connais que 60) en deux mois et sur laquelle je poste un message quasi quotidiennement.

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Comment rater ou bien réussir une vente

Mercredi 30 juin 2010

Le jour de la sortie du iPhone4, n’ayant pas campé depuis la vielle devant l’Apple Store ni une boutique Orange, je me rends en milieu de matinée avenue des Ternes, à la Fnac. Dialogue avec le vendeur du rayon téléphonie mobile :

» Bonjour, j’imagine que vous n’avez plus d’iPhone4 ?
» Non, tous partis, mais nous prenons des commandes pour Orange uniquement.
» Ah, que dois-je faire ?
» Vous versez un acompte de 200 € et on vous préviendra par téléphone ou sms quand il sera disponible.
» Dans combien de temps pensez-vous ?
» Aucune idée.
» Et à quel prix l’aurais-je, parce que j’ai 5 500 points fidélité.
» Je ne peux pas vous dire, mais il sera tenu compte de vos points bien sur. Pour le bon de commande le prix est « théorique », 999 €.
» Hum, je vais réfléchir, merci.

Je sors. C’est quoi un prix « théorique » ? C’est quoi ce vendeur qui ne peut pas me dire combien je vais payer mon produit ni me donner une estimation du délai ? C’est quoi cette non-information ? Je vais à la boutique Orange sur la même avenue. Dialogue avec la vendeuse :

» Bonjour, j’imagine que vous n’avez plus d’iPhone4 ?
» Non, tous partis en une demi-heure ce matin, mais vous pouvez le commander.
» Bien, que dois-je faire ?
» Il suffit de me donner votre numéro de mobile.
» 06 08 75 77 62.
» Bien, quel modèle voulez-vous ?
» Noir, 62Go.
» Et à quel prix l’aurais-je, parce que j’ai 5 500 points de fidélité.
» Avec vos point, ce sera 169 €, moins 15 € offerts immédiatement et 100 € qui vous seront remboursés sur vos prochaine facture.
» Parfait !
» Voilà, votre commande est enregistrée.
» Et quand en recevrez-vous ?
» Je ne peux rien vous garantir, mais nous avons une livraison prévue le 4 juillet. Ca de passe toujours comme ça pour les lancements avec Apple : un stock le jour J, une attente d’environ deux semaines puis des livraisons régulières.
» Donc, je peux espérer l’avoir avant la fin juillet ?
» Oui, très certainement.
» Bien, je vous remercie. Mais, au fait, je ne verse pas d’arrhes ?
» Non, pas besoin.
» Parfait, au revoir.
» Au-revoir Monsieur.
Le seul commentaire qui s’impose est que cette saynète est extrapolable à n’importe quel forme de commerce, n’importe quelle boutique, n’importe quel restaurant… Ne pas maîtriser les informations indispensables et, par conséquent être incapable d’informer le client est un grave manquement à l’accueil et au service. La communication (avec le client) fait vendre.