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L’accueil service désormais en double dimension, réelle et virtuelle

Dimanche 27 novembre 2011

Par Béatrice Dogor Di Nuzzo, Docteur en Sciences de Gestion (Université de Sophia Antipolis), professeur de marketing hôtelier, auteur de « L’accueil : un métier » et « Le management de la motivation » et Thierry Poupard


Jusqu’au siècle dernier, lorsque l’on parlait d’accueil et de service on pensait immédiatement à la manière dont on avait été reçu lors de la dernière visite à la poste, dans un magasin de prêt-à-porter, chez le boucher, au restaurant… Le personnel « de service » est-il venu vous accueillir à la porte, vous a-t-il salué, vous a-t-il proposé de l’aide, a-t-il fait une suggestion pour un produit, a-t-il été de bon conseil, avait-t-il une tenue impeccable, était-il souriant, aimable et efficace, était-il attentif à votre demande, a-t-il écouté vos remarques, vous a-t-il remercié et raccompagné avec une formule d’au-revoir qui donne envie de revenir ?

La liste de ces instants d’échanges de visu entre un client et le personnel de l’entreprise n’a pas diminuée mais, en ce temps là, s’en était fini de la relation client une fois que celui-ci était en dehors de l’espace de vente. A l’exception de rares entreprises qui prolongeaient le contact via des mailings postaux très coûteux et impersonnels.

Aujourd’hui la mode est au E commerce. Chacun dans son petit coin, fait son achat depuis son ordinateur ou son téléphone portable. Et avec la géolocalisation il est possible de voir les commerces à proximité et d’en choisir un. Dans ce contexte est-il envisageable, en tant que client, de recevoir un service de qualité ? Entendons-nous d’abord sur une définition commune de « qualité de service ». Que cherche t-on lors de l’achat d’un produit ou d’un service ? La satisfaction d’un besoin, d’une attente, d’un désir.

La spécificité du service réside dans le fait qu’il n’y aura pas de transfert de bien. Personne ne peut s’approprier le service. On ne peut pas l’emporter chez soi et il ne peut être stocké. Ce dernier point restera toujours un problème important pour les entreprises qui proposent des services, dans la mesure où elles ne pourront pas conserver le service et le vendre le lendemain ou le jour d’après. Si l’accueil et le service sont instantanés, leur effet est durable.

Le service est un échange, une relation humaine. Qu’il s’agisse de séances de massage, de toilettage pour animaux, de places d’avion, de tables de restaurant ou encore de chambres d’hôtel, c’est la relation qui s’établie entre la personne qui le donne et celle qui le reçoit qui reste essentielle pour la réussite de la vente et pour le souvenir qu’elle laissera. La qualité de service, pour être excellente, doit être gérée comme un concert symphonique afin que le client atteigne ce niveau supérieur de satisfaction qui entrainera sa fidélisation.

On peut alors se demander si une hotline avec des « call centers » installés à l’étranger a la capacité de créer cette satisfaction client. Lorsque celui-ci appelle pour un problème peut-il se satisfaire de la phrase mécanique énoncée par un employé stressé, dictée par un téléprompteur ?

Non le web 2.0 ce n’est pas ça, c’est bien davantage et ça peut et doit engendrer des relations positives entre le client et l’entreprise. Le paradoxe est que même en l’absence de contact physique, la relation humaine peut et doit s’engager. Et la qualité de service et la relation client ne s’arrêtent jamais grâce aux blogs, aux avis, aux réseaux sociaux ? Eh oui, que l’on apprécie ou pas cette forme de communication du XXIè siècle, elle est le nouveau véhicule de la relation client et, par conséquent, chaque entreprise, chaque commerce a intérêt à s’y plonger, car il s’agit de l’internet du partage et du dialogue qui a remplacé celui de l’information et du monologue. Il est désormais possible d’entretenir une relation avec ses clients en amont et en aval de l’acte de vente, d’assurer un service aussi bien avant-vente qu’après-vente.

C’est d’autant plus nécessaire que la problématique n’est plus de servir un client et de lui vendre un produit. A moins d’avoir un accueil exécrable ou des produits minables, c’est l’enfance de l’art. Non, il faut désormais faire face à la fois au développement et de la fragmentation de la concurrence qui provoque une dispersion de la fréquentation des clients et, son corolaire, une réduction de la part de marché en visites pour chaque entreprise présente dans la plupart des secteurs d’activités.

Alors il est devenu vital de contacter, d’informer, d’intéresser le client par des messages propre à lui donner envie de revenir, d’acheter à nouveau ou, tout au moins, de rester présent à son esprit et dans sa « shopping list » pour le moment venu. Or, rien n’est plus facile que de communiquer sur une nouveauté, un changement, un événement, ou de mettre en avant une offre promotionnelle, de diffuser un contenu qui est, encore une fois, susceptible d’intéresser le client et le non client car, sur Internet, tout le monde voit tout. Tant mieux ! Ca donne de la visibilité à l’entreprise ou à l’établissement.

Dès lors, la vigilance s’impose. Il faut se préoccuper de ce que les internautes disent de la marque, du produit, du magasin, du personnel, du service et leur répondre. Il devient impossible d’ignorer un avis négatif et de le laisser se répandre sur la toile sans y répondre. Il est évident qu’une bonne réponse à un avis négatif apporte d’une part de la satisfaction à son auteur et, d’autre part crée un effet positif sur l’ensemble des lecteurs : « ah, très bien, voilà une entreprise qui a de la considération pour ses clients. Elle tient compte de leurs avis et prend le temps d’y répondre. » C’est ce que l’on nomme la e-réputation ou l’image de la marque telle qu’elle est véhiculée sur internet. Le bouche à oreille digital en quelque sorte. Il faut l’entretenir et couper court à tout ce qui peut créer du bad buzz pouvant s’amplifier très vite sur les médias sociaux.

Quelle entreprise, quelle marque d’automobile, quelle chaîne de magasin, quel hôtel ou restaurant digne de ce nom n’a pas, aujourd’hui, une page Facebook ou un compte Twitter ? Voilà deux vecteurs de communication extrêmement puissant, deux outils pour dialoguer avec les clients et les futurs clients, deux moyens d’informer, d’intéresser et de séduire le consommateur. Encore faut-il que celui-ci sache que l’entreprise y est présente.

Aux Etats Unis, les commerces de proximité et les chaînes de magasins ne mettent plus en avant leur site internet (sauf lorsqu’il s’agit de sites marchands, mais leur page Facebook) « rejoignez-nous sur Facebook et aimez notre page ! » Pour davantage d’efficacité, on voit souvent des offres réservées aux internautes inscrits sur cette page, des offres destinées à les remercier d’être fan. Un bon moyen de les faire venir au point de vente ou d’acheter alors qu’ils n’en avaient pas vraiment l’intention.

Enfin, de plus en plus d’entreprises comme Orange ou la SNCF utilisent Twitter en tant qu’outil de leur service de la relation client en diffusant des informations relatives au trafic par exemple et, surtout, en répondant aux internautes qui posent une question ou soulèvent un problème.

En fait, le grand ensemble qui a été décrit précédemment relève de la communication entre une entreprise, quelle que soit sa taille et quel que soit son secteur d’activité (ce n’est qu’une différence de volume et de moyens) et ses clients. Et à l’échange entre deux personnes physiques, s’est ajouté l’internet 2.0 qui permet de garder le contact avec les consommateurs en temps réel et en toutes circonstances. C’est le meilleur outil, à la portée de tous, pour recruter de nouveaux clients et fidéliser ceux qui sont déjà clients.


Service Attitude chapitre 1 téléchargeable gratuitement

Jeudi 30 juin 2011

Le chapitre premier de Service Attitude est en ligne au format pdf. Il est téléchargeable gratuitement, simplement pour partager ma passion de l’accueil et du service dans la restauration, l’hôtellerie et toute autre forme de commerce.

Si cette lecture vous a plu, n’hésitez pas à en faire part autour de vous (sur Facebook, Twitter et autres sites de partages) et à commander le livre sur amazon.com ou autre librairie en ligne.

Cordialement,
Thierry

PS. A lire, ce commentaire d’un lecteur

Cap Ferret, Cap Service

Mardi 24 août 2010

Le retour de vacances est souvent l’occasion de faire part d’expériences vécues en dehors de son lieu de résidence. Revenant de deux semaines passées au Cap Ferret pour la troisième année consécutive, je commence à avoir une certaine connaissance de l’endroit.

Passons rapidement par la carte touristique de cette région unique en son genre : une plage océanique rectiligne, venteuse à souhait et battue par de méchantes vagues, un côté Bassin si calme où les bateaux de tout genre prolifèrent plus que les huîtres (même si elles échappent désormais au test de la souris), avec le Mimbeau, les cabanes Tchanquées, le banc d’Arguin et la Dune du Pyla au loin. Puis, entre ces deux mers, une langue de sable longiligne qui conserve un caractère sauvage tant la municipalité a su la préserver des travers de l’urbanisation : pas de trottoirs, pas de marquages pour les places de parking ni de barrières et autres entraves à la libre circulation des véhicules et encore moins de monuments ou sculptures aussi ridicules et que de mauvais goût dont tout maire veut orner sa ville. Mieux encore, ce doit être la seule ville en France totalement dépourvue de parcmètre. Pas de contractuelle, pas de PV, pas de problème. Que des maisons basses entourées de pins et, juste là, planté en plein milieu, le phare majestueux, repère des navigateurs et des presqu’îliens égarés.

Côté accueil, l’endroit est également, non pas unique au monde, mais très singulier pour la France. Il y a chez chaque commerçant, malgré le stress du rush estival et le chiffre annuel à réaliser en deux mois, un sens de l’accueil hors norme. Les phrases que l’on entend rarissimement à Paris ou ailleurs sont ici légions. Pas juste un simple bonjour, au revoir et merci (ce bon vieux « SBAM » si cher à Gérard Mulliez), mais de vraies phrases, prononcées en vous regardant dans les yeux, avec un ton de sincérité qui provoquent chez le client le sentiment d’être réellement le bienvenu et une envie de revenir. Ce ne sont pas des impressions glanées ici ou là en quelques jours, mais le reflet d’une pratique locale systématique, d’une attitude bien ancrée, d’un comportement culturel peut-être, même, d’origine génétique…

Quant au service, il est à la hauteur de l’accueil : ici, pas de caisse automatique au Carrefour Contact (format minimaliste du groupe), mais, au contraire, une caisse qui ne fait pas barrière entre le client et la caissière : il dépose d’un côté, elle repose de l’autre. Efficace et humain, tout simplement. Au bureau de tabac, la vendeuse rend la monnaie avec un regard droit et un sourire, elle teste l’un après l’autre les 12 minis briquets à l’effigie du Phare du Cap que vous achetez comme souvenir, elle ne perd pas patience avec ce client qui hésite parmi l’offre pléthorique de la Française des Jeux, etc. Dans les bars et restaurants, il n’y a quasiment pas de distinction entre les établissements « classiques » ou incontournables et les lieux plus simples ou économiques : partout un accueil et un service sobre, attentif, efficace, souriant. Sans doute un peu mieux ici que là, mais pas de façon très marquée et nulle part mauvais. Patrons, professionnels et jeunes saisonniers, tous à la manœuvre en une osmose que rien ne vient altérer. Il y a peu d’hôtels au Cap Ferret. La terrasse restaurant du Côté Sable (4*) est jolie et agréable et l’hôtel des Dunes (3*) est remarquable par son architecture tout en bois, son bon goût dans la décoration sobre, son merveilleux petit déjeuner fait maison et, l’amabilité, la gentillesse et la disponibilité du personnel de service.

Question qualité et prix, enfin, le rapport est très positif : imaginez un excellent Saint Estèphe Franck Phélan 2005 pour 22 Euros à la carte du Bistrot du Bassin. C’est le prix de vente – par douze bouteilles – chez un caviste du 14è arrondissement de Paris ! Les six délicieuses huîtres du bassin pour six petits Euros en dégustation sur les agréables terrasses des écailleurs du quartier ostréicole et à peine plus, 6,50€, dans les restaurants. Malheureusement, pas (encore) « exportées » à Paris. Quant au marché quotidien sur la grande place, il n’y a pas d’affaires mirobolantes, mais aucun étal ne fleure l’arnaque à touristes. Lorsque l’on observe cette station balnéaire au regard de celles qui lui sont comparables (Deauville, La Baule, Ré, Biarritz, St Tropez, Cannes…), c’est à dire envahies de parisiens et d’estivants, où se côtoient riches propriétaires et vacanciers plus modestes, où cohabitent voitures de luxe et vélos, elle ressort, sans contestation, numéro un en accueil-service et qualité/prix, les ingrédients de vacances réussies. Mettre le cap sur le Ferret, c’est mettre le cap sur le Service !

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« Un accueil – service à la hauteur de vos attentes »

Vendredi 9 juillet 2010

Par Thierry Poupard

Toujours en quête de savoir quel message, quel élément ou quel stratagème les restaurants mettent en place pour m’inciter à pousser la porte d’entrée, une affichette a attiré mon attention à l’entrée d’un Hippopotamus. Non pas par son côté « flashy », au contraire elle est de petite taille et sobre, tranchant avec la profusion de grands kakemonos sensés annoncer des prix bas grâce à la baisse de la TVA avec ce message « Garçon, la soustraction s’il vous plait ! » (Ce doit être de l’humour…)

La dite affichette a une en-tête « Ambitions 2010 », une seconde « Nos engagements », puis une bulle à l’intérieur de laquelle est écrit « nos valeurs ». Ouf, nous y voilà. Parmi trois valeurs annoncées, une a particulièrement retenu mon attention : Hippopotamus s’engage donc sur « un accueil – service à la hauteur de vos attentes ». Phrase pour le moins très elliptique parce que l’accueil est une question de personnalité, d’attitude, de posture et de comportement tandis que le service revêt de multiples facettes : temps, gestion des attentes, attention, disponibilité, efficacité, réponses, suggestions, courtoisie. Rassembler tout cela en une promesse unique semble ambitieux. Par ailleurs, je me demande comment l’enseigne peut s’engager à la hauteur des attentes de chacun de ses clients, parce qu’il y a à peu près autant d’attentes que de clients. Et si l’un d’entre eux a des attentes « à la hauteur » de la tour Burj Khalifa à Dubaï ?

Finalement, cette affichette ressemble plus à de la communication interne, à une piqûre de rappel pour le personnel, à un message devant être affiché dans les vestiaires qu’à une accroche destinée à séduire le client. Parce qu’une promesse n’en est vraiment une que si elle est forte, concrète, atteignable et, surtout, mesurable afin que tout un chacun puisse apprécier, sans ambiguïté, si elle a été tenue ou pas. Pour rappel, Darty a construit son image sur une promesse, « les prix les plus bas » et une preuve : « si vous trouvez moins cher ailleurs on vous rembourse la différence ». Fort, simple et clair ! Mais depuis longtemps, le service s’y est substitué car dans ce secteur tous les distributeurs s’alignent au niveau des prix.

Bien qu’imparfaite, cette communication d’Hippopotamus a la grande vertu de mettre l’accent sur le service qui est devenu le parent pauvre de la restauration tant les patrons, des plus petits établissements aux grands groupes, s’en sont détournés, préoccupés qu’ils étaient par la TVA, les prix et la fuite des clients. Pourvu qu’elle soit suivie des faits, c’est à dire que, effectivement, le client constate une amélioration de l’accueil et du service par rapport à avant. Reste à y aller pour vérifier.

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Place au client, à l’accueil et au service !

Mercredi 7 juillet 2010

Par Thierry Poupard

Le premier anniversaire de la baisse de la TVA dans la restauration n’aura pas été célébré en fanfare, c’est le moins que l’on puisse dire. La polémique s’est ravivée et les chiffres fluctuent selon les sources. La seule bonne nouvelle est que les media n’en n’ont pas fait un épisode à scandale ou une histoire sans fin ; seule la presse professionnel rabâche les mêmes non « news » depuis deux semaines semblant avoir oublié qu’à trop parler d’un sujet on ne fait que l’exacerber et que trop de justification génère de la suspicion.

Bien entendu, le pouvoir d’achat étant à la peine, le prix devient un facteur d’autant plus déterminant dans le choix du consommateur. Mais certainement pas l’unique et il ne doit en aucun cas servir d’alibi pour occulter la qualité, l’hygiène, l’ambiance, l’accueil et le service. Un repas n’est pas un produit manufacturé ou en solde pour lequel, effectivement, seul le prix entraîne la décision. Obsédé par les prix, la TVA et les charges, le restaurateur se détourne des fondamentaux de son métier : puisqu’on l’a convaincu que là était LE problème de la restauration, il fait des formules, des prix d’appel, des promos, des petits prix et toutes sortes d’offres inspirées de la grande distribution, le plus souvent aussi inappropriées les unes que les autres. En tous cas, très dévalorisantes pour son image, donc sa fréquentation.

Tout en gardant un œil attentif sur les prix, des restaurateurs, des enseignes et des chaînes s’occupent du VRAI problème, à savoir une moindre base de clientèle ou une baisse de la fréquence de visite des clients, ou les deux simultanément. Beaucoup entrent de plain pied dans les nouvelles technologies : site Internet, page « fan » sur Facebook, envoie de mails ou de sms. Très bon début ! Les plus sophistiqués ont fait développer une App sur iPhone dont certaines ont des fonctionnalités très avancées comme chez Exki (elle récompense à la fois la fidélité et la consommation soucieuse de l’environnement) ou Courtepaille (elle permet de simuler la commande et, bientôt, servira pour le paiement depuis son smartphone). La plus ancienne chaîne de restauration en France (50 ans l’an prochain) devient la plus moderne en termes de service clients via les outils de communication.

Dans le but de redynamiser le trafic en dehors d’outils technologiques, la modification des éléments d’attractivité d’un établissement demande un budget qui n’est pas à portée de main de la majorité des restaurateurs et des hôteliers indépendants et de taille moyenne. Les (bons) produits coûtent cher, le personnel encore plus avec les charges, quant au changement de décor et à la rénovation c’est un pari très lourd en termes de ROI. Reste l’accueil et le service. Et ça tombe bien parce que l’on n’a toujours rien trouvé de plus efficace – et de moins coûteux – pour fidéliser la clientèle et réaliser des ventes additionnelles par des suggestions bien faites. Meilleur est l’accueil-service, plus gros sera l’effet boule de neige : 1/satisfaction des clients, 2/augmentation de leur fréquence de visite, 3/bouche à oreille (réel et via les media sociaux) qui élargit la base de clientèle, 4/ plus de couverts – meilleur taux d’occupation et plus de revenu. ROI à très court terme garanti !

Comme le sens de l’accueil et du service n’est inné que chez quelques uns, pour tous les autres, seule la formation leur permet de l’acquérir. Il s’agit d’un investissement et non d’une dépense alors, à ce propos, il serait temps de cesser de poser la mauvaise question - « combien ça coûte ? » pour demandez plutôt – « combien ça va me rapporter ? »

P.S.
Améliorer l’accueil – service est un combat qui, à l’ère du low cost tout azimut, est, heureusement, mené par certains professionnels, adeptes et porte paroles qui savent savamment mixer l’indispensable attitude à adopter avec un marketing orienté client. Si vous êtes intéressé, faites un tour sur Sens du Client, le blog des professionnels du marketing client et sur le site Test ’n Trust, le premier comparateur de satisfaction client. Et si vous êtes sur Facebook, inscrivez-vous sur la page Service Attitude qui approche les 400 membres (dont je n’en connais que 60) en deux mois et sur laquelle je poste un message quasi quotidiennement.

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Communication et porte-paroles

Lundi 21 juin 2010

Par Thierry Poupard

En communication chaque coupe du monde est prétexte, pour la restauration, à communiquer son goût du football auprès des consommateurs sous une forme ou sous une autre.

A l’origine, la raison était d’éviter un mois de désertion des établissements pour cause de retransmission des matchs à la télévision. Seule la restauration livrée tirait son épingle du jeu. Depuis, les écrans plats géants ont envahi les salles et les drapeaux et autres banderoles extérieures invitent les passants à venir assister aux matchs tout en se restaurants. A cela, certains établissements ajoutent des animations ou des jeux concours (tels ceux fournis par France Boisson) dans l’espoir d’amplifier le trafic.

Dès lors, un phénomène inverse se produit : les anti-foots évitent absolument de sortir pendant cette période ou bien choisissent un lieu sans écran par crainte d’être indisposés par les cris des supporters ou le son des cornes de brume et autres vuvuzelas, considérant, à juste titre, qu’il n’est pas possible d’apprécier un repas pendant un match. Entre les clients qui sont attirés et ceux qui sont rebutés il serait intéressant de connaître le bilan du mondial sur la fréquentation, mais, une fois encore, les études feront défaut.

Une autre forme d’engagement des marques avec le football consiste à s’associer au sport lui-même, ou à une équipe, ou encore à un joueur en particulier. Ainsi, en restauration, McDonald’s, riche et prudent, ne mêle son nom qu’aux compétitions internationales et Quick, pour ce mondial, s’est adjoint les services de Nicolas Anelka afin de promouvoir son nouveau Giant Max. La question se pose alors moins en termes de fréquentation à court terme des établissements qu’au niveau de l’image des enseignes. Or, si le parcours de l’équipe de France ne s’annonçait pas très favorablement, personne n’aurait pu prédire que l’atmosphère délétère allait atteindre un tel paroxysme dimanche 20 juin après l’éviction d’Anelka.

Résultat : Quick a stoppé sa campagne. Décision radicale mais apparemment plutôt comprise à la lecture d’une majorité de commentaires postés sur Facebook et ailleurs. Dans d’autres secteurs que le restauration les sponsors s’interrogent ou édulcorent leur message comme le Crédit Agricole dont la signature du spot télé a « évolué » de « on a tous un côté Bleus » à « on a tous un côté foot » avant de, finalement, tout arrêter.

D’aucuns diront que ce sont les risques du métier, mais, à l’origine, il est légitime de s’interroger sur le bien fondé de ces collaborations sans grande pertinence entre le produit ou la marque et les stars utilisés. Ce recours n’est, finalement, qu’une très vielle ficelle marketing dans l’immense majorité des cas. La morale de cet épisode est que toute marque ne devrait compter durablement que sur elle-même ou ne s’associer qu’à des événements qui la concerne directement, comme l’opération « Tous au Restaurant » imaginée par Alain Ducasse ou à  certaines grandes causes.

L’image d’un établissement ou une chaîne de restaurants se construit moins avec des artifices, des promos ou des porte-paroles sponsorisés qu’avec ses produits et sa qualité, ses portions et ses prix, son accueil et sa prestation, son décor et son ambiance. Parce que lorsque ces huit fondamentaux de l’activité sont à leur meilleur niveau de cohérence ils communiquent de manière positive, sans faille et sans faiblesse. Good service is invictus !

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La restauration à service à table doit s’unir ou périr

Mercredi 9 décembre 2009

Par Thierry Poupard

Les promesses faites par les artisans de la baisse de la TVA depuis tant d’années et entérinées lors des états généraux de la restauration en avril dernier n’ont, pour le moment, été tenues que partiellement. Par ailleurs, la virulence des médias et les luttes intestines des syndicats ont altéré l’image de la profession auprès des consommateurs et, encore plus grave, auprès du personnel qui travaille dans ces métiers et des jeunes qui ont envie d’y faire carrière.

Dans cette atmosphère plombée, il s’avère que, mis à part une baisse effective des prix, les autres mesures ne sont pas visibles, créant par là même une certaine suspicion chez le client qui ne va pas s’enquérir des augmentations de salaires, des embauches ou des investissements réalisés en cuisine. Or, les applications de la diminution de la TVA ont sans doute donné lieu à autant de variantes qu’il existe de restaurateurs indépendants. 180 000 quand même…

Tout cela a incité Hervé Novelli, à reprendre la main et imposer à la profession une campagne de publicité à 9 M€. Mais quelle va donc être la stratégie de communication destinée à suppléer celle défaillante des professionnels et de leurs représentants, quel va être le message motivant ? Il arrive à certains secteurs d’activité tels que l’artisanat ou la pharmacie de faire de la publicité, mais c’est toujours sur un thème précis correspondant à une problématique bien identifiée. Pour la restauration, la situation est beaucoup plus complexe tant il y a de messages à faire passer au-delà du simpliste « jouer le jeu ». Mais gare aux illusions : aucune campagne de publicité, aussi brillante soit-elle, n’est jamais parvenue à faire utiliser durablement un mauvais produit ou un mauvais service. Si la restauration est structurellement dégradée, la pub ne pourra la sauver.

Sur la diminution des prix, la messe est dite : chacun aura pu constater de visu où elle a été appliquée et, dans le cas contraire, il est illusoire d’espérer encore une baisse alors qu’un semestre n’aura pas suffit. Par ailleurs, les cartes ont changé à l’automne et leurs prix itou. Attendons le 15 décembre et la parution de l’indice INSEE pour le secteur, un chiffre brut, factuel et sans détail, certes mais qui n’est pas sujet à caution.

Confusion sur la baisse de TVA, crise toujours présente, pouvoir d’achat en berne et poids grandissant de formes de repas autres que la « vraie »restauration sont les ingrédients d’une période de mutation en face de laquelle nombre de restaurateurs traditionnels semblent pétrifiés. En la matière, il n’y a rien ou si peu à attendre d’une campagne de publicité ni d’organismes professionnels.

A situation inédite, attitude nouvelle. Chaque restaurateur devrait se recentrer sur les fondements de ce qui constitue un « bon » restaurant : prix, qualité, portions, accueil, service, propreté etc. C’est le moment de prendre du recul, de regarder les choses avec l’œil du client (pour une fois), de faire une analyse critique de ses fondamentaux et d’en corriger les faiblesses afin de parvenir à un ensemble cohérent qui procure un regain d’attractivité. C’est la globalité de la prestation qui donne envie au consommateur de venir et de revenir, pas juste les prix, ou le décor, ou l’accueil car dans l’ « expérience » que va vivre le client une seule défaillance fait disparaître cette envie.

Les restaurateurs indépendants ne doivent pas se tromper d’ennemi. Les chaînes n’en sont pas un, pas plus que les brasseries de groupes puisque leur objectif est identique : défendre la restauration avec service à table. Autre point commun : le succès d’un établissement repose avant tout sur le directeur ou le franchisé pour une chaîne et sur le patron pour un indépendant. Il est prouvé que les meilleures performances sont réalisées avec un responsable d’établissement présent, avenant, ayant recruté un personnel doté des mêmes qualités d’accueil et de service.

C’est le moment pour la restauration à service à table – indépendante, de chaîne ou de groupe – de s’unir pour faire face aux fast foods, aux sandwicheries, aux self-services, aux restaurants d’entreprise, aux distributeurs automatiques, aux rayons traiteur de la grande distribution, aux lunch boxes, aux congélateurs et aux micro-ondes, de s’unir autour du plaisir qu’elle procure et qui n’est égalée par aucune de ces formes de concurrence.